PS-PRG, la séparation qui change la donne
Les électeurs du premier canton nîmois devront une nouvelle fois
exercer leur devoir de citoyen les 16 et 23 novembre pour une élection cantonale partielle. Il s'agit de trouver un Successeur à Jean-Paul Fournier, frappé par le cumul des mandats, contraint de
laisser son fauteuil de conseiller général, en raison de sa toute fraîche intronisation au Sénat. Qui se souviendra de ses timides apparitions à l'assemblée départementale ? Pas grand monde,
tellement le maire de Nîmes s'est montré transparent voire inexistant, lui qui n'a jamais caché son intention de rayer de la carte administrative les départements.
On se demanderait presque dans ces conditions, si la candidature
de sa suppléante, Chantal Barbusse, revêt un quelconque intérêt. Conseillère municipale sous l'ère Bousquet, elle fut par la suite adjointe au maire déléguée aux affaires sociales, aux
populations défavorisées et au logement, autant dire que son champ d'action fut très limité si l'on en juge la frappante indifférence que démontre chaque jour un peu plus la municipalité à
l'égard des quartiers populaires et du récurent problème du logement social, et ce quoi qu'elle en dise.
Face à la potentielle remplaçante du sénateur-maire de Nîmes, la
gauche s'organise voyant là une merveilleuse opportunité d'amplifier un peu plus l'avance de la majorité dans l'hémicycle gardois. Le PCF mènera l'offensive en reconduisant la candidature de
Sylvette Fayet et de son suppléant Frédéric Deschamps. « Face à la multiplication des mauvais coups, face
au marasme financier que la droite tente de faire apparaître comme inéluctable, niant ses propres responsabilités dans la déréglementation tous azymuts, il est
possible de porter un coup d'arrêt aux relais locaux de la
droite nationale et des milieux d'affaires en nous plaçant en tête dès le premier tour » expliquait dernièrement Sylvette Fayet, arrivée en troisième position et frisant pour quelques voix le
second tour le 9 mars dernier. Un deuxième tour auquel avait accédé la coalition PS-PRG emmenée par la radicale Marie-Pierre Mercier. Une candidate qui, elle aussi, repart à l'assaut des
suffrages, mais bien isolée cette fois. En effet, pas question pour le PS de repartir une seconde fois avec le PRG. « Les 9 et 16 mars derniers, il y avait un accord
départemental entre nos deux partis, tient à rappeler Fabrice Verdier, secrétaire fédéral. Cette fois-ci, nous lançons une procédure d'investiture et, à priori, le PS présentera son
propre candidat qui sera désigné dans les jours qui viennent ».
Autre changement, la candidature d'Evelyne Ruty en lieu et place
de Jean-Louis Baudet pour un FN gardois à l'agonie, qui avait totalisé 6,79% des suffrages en mars dernier.
Eric Firoud re-signe quant à lui pour le Modem. Reste à
connaître le sort réservé à Elisabeth Picq, pour les Verts. Selon toute vraisemblance, le vrai enjeu de ce premier tour réside dans la triangulaire que devraient se livrer cette fois le PRG,
le PS et le PC. Ces deux dernières formations politiques devant conjuguer la préparation d'un congrès très attendu, pour former une vraie alternative à la désespérante politique nationale de
droite, et élection locale. Avec une surprenante désunion du PS et du PRG, le PCF semble plus que jamais en mesure de tirer les marrons du feu et d'accéder au second tour.
La Marseillaise, 21.10.2008